À l’occasion d’Octobre Rose, mois dédié à la prévention et à la sensibilisation au cancer du sein, l’association MINERVA réunit trois artistes autour d’une exposition à la Mairie du 5e arrondissement.
Loin des discours médicaux ou des images figées, ce projet cherche à faire émerger d’autres récits : ceux du corps qui se transforme, de la féminité qui se réinvente, de la fragilité qui devient force.
Les œuvres de Kimbra Audrey, Virginie Rasmont et Blandine Vives ici présentées, à la fois intimes et universelles, dessinent un paysage composite de la résilience féminine. À travers l’autoportrait photographique, la symbolique végétale ou les formes abstraites du corps fragmenté, elles soignent l’invisible : celui du corps éprouvé, de l’esprit bouleversé, de l’émotion.
Les photographies de Kimbra Audrey montrent frontalement son propre image marquée, opérée, devenue presque étrangère, et pourtant regardée avec une tendresse nouvelle. Blandine Vives préfère la métaphore : une plante délicate mais tenace, la Lunaria, devient le double végétal de ces femmes qui dansent sur le fil de la vie, vacillent, tombent, se relèvent. Virginie Rasmont, à travers le dessin, utilise la transparence des encres et le silence du papier pour évoquer le souffle intérieur. Ses compositions, d’apparence abstraite, sont des représentations du corps féminin dans toute sa pluralité.
Plutôt que de s’inscrire dans l’imagerie guerrière fréquemment associée au cancer, cette exposition choisit d’exprimer la douceur, la sensibilité et l’acceptation. Elle crée un espace de partage, où le regard du spectateur devient lui aussi soin : une attention offerte à ce qui demeure indicible.
Parce qu’une femme sur huit sera touchée par le cancer du sein au cours de sa vie, et parce que cette réalité est encore trop souvent entourée de silence, MINERVA souhaite contribuer à faire tomber les tabous.
L’art devient ici vecteur de sensibilisation et de mobilisation : les bénéfices des ventes d’œuvres seront reversés au centre de recherche Gustave Roussy, pour soutenir le programme COMPASS, mené par la Dre Barbara Pistilli. Ce programme vise à améliorer le dépistage et les traitements du cancer du sein triple-négatif à rechute précoce — une forme rare, agressive, qui touche notamment les femmes les plus jeunes.